L'humour... à quoi ça sert ? : enquête sur l'humour dans l'activité d'animateurs en maison de quartier

Gampert, Thibaud ; Gisler, Sylvain ; Sylvie Mezzena (Dir.)

Mémoire de diplôme HES : Haute école de travail social de Genève, 2009.

A la question fatidique : « C’est quoi votre sujet de mémoire ? », les étudiants chercheurs que nous sommes répondent : « L’humour ! ». Et les poseurs de questions de réagir, soit avec un sourire entendu signifiant « Ils sont complètement loufoques ces deux-là ! », soit prenant une pose intellectuelle voulant montrer un intérêt « Ah, très intéressant ». Ou alors en prenant... Plus

Ajouter à la liste personnelle
    Résumé
    A la question fatidique : « C’est quoi votre sujet de mémoire ? », les étudiants chercheurs que nous sommes répondent : « L’humour ! ». Et les poseurs de questions de réagir, soit avec un sourire entendu signifiant « Ils sont complètement loufoques ces deux-là ! », soit prenant une pose intellectuelle voulant montrer un intérêt « Ah, très intéressant ». Ou alors en prenant une pose condescendante « Ils ne sont pas sortis de l’auberge ! », et encore « Ces pauvres vieux n’ont pas encore fait leur crise d’adolescence ! », ou encore « Vous avez le droit de faire ça ? ». Quelle mise en abîme ! Alors, pourquoi un tel sujet ? L’humour, c’est la vie, c’est notre moteur, c’est l’arme de dérision massive, c’est ce qui reste lorsque tout s’écroule, c’est une bouffée d’oxygène, c’est une bouée de sauvetage, c’est de l’huile dans les rouages, c’est un souffle vital, c’est le vent dans les voiles, c’est le rayon de soleil qui transperce l’orage, c’est… difficile d’écrire sur l’humour. Allez, trêve de plaisanteries. Notre travail cherche à répondre à la question suivante : à quoi sert l’humour? Et même plus précisément : à quoi l’humour peut-il servir dans le travail social ? Pour ce faire, nous avons décidé de prendre une caméra afin de saisir comment l’humour intervient dans l’activité de deux animateurs d’une maison de quartier genevoise. Après une première phase d’observation des textes prescriptifs et d’entretien avec les professionnels, nous avons utilisé la méthodologie de l’autoconfrontation simple (issue de l’analyse de l’activité) pour tenter d’aller plus loin en confrontant les animateurs à leurs images « en action » et en récoltant leurs commentaires sur leur activité. Parmi les résultats mis en évidence, l’analyse de ces différentes données examine comment intervient l’humour dans l’activité des animateurs et comment l’humour est investi par les professionnels pour réguler leur relation aux usagers. Du point de vue de la démarche, l’analyse met également en évidence la difficulté qui se pose lorsqu’il s’agit de faire parler les professionnels sur ce qui se mobilise dans leur activité. Cette recherche questionne au final la formation des travailleurs sociaux, en mettant en perspective les apports potentiels d’une pédagogie orientée sur la créativité.