Élasticité-prix de la demande d’essence en Suisse : rapport final 14 juillet 2009 : Office fédéral de l'énergie

Baranzini, Andrea ; Neto, David ; Weber, Sylvain

Dans cette étude, nous analysons la demande de carburant (essence et diesel) en Suisse. Nous étudions également la demande d’essence de manière séparée. Pour ce faire, nous utilisons des données macroéconomiques sur les quantités d’essence et de diesel au niveau de l’ensemble du pays et les mettons en relation avec différentes variables censées avoir un impact sur la consommation... Plus

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    Résumé
    Dans cette étude, nous analysons la demande de carburant (essence et diesel) en Suisse. Nous étudions également la demande d’essence de manière séparée. Pour ce faire, nous utilisons des données macroéconomiques sur les quantités d’essence et de diesel au niveau de l’ensemble du pays et les mettons en relation avec différentes variables censées avoir un impact sur la consommation de ces carburants. Nous avons récolté des données sur une longue période, allant de 1970 à 2008, sur une base trimestrielle. Pour traiter ces séries temporelles, nous faisons appel à la littérature la plus récente dans le domaine de la demande d’essence, qui utilise les techniques économétriques de cointégration. Les résultats principaux de notre étude sont les suivants. En Suisse, la consommation de carburant et d’essence n’est pas très sensible aux variations de prix. Plus précisément, l’élasticité-prix de la demande est d’environ –0.3 à long terme, ce qui signifie qu’une augmentation du prix de l’essence de 10% diminue sa quantité demandée d’environ 3%. À court terme, la demande est presque totalement inélastique aux variations de prix, car elle est de –0.08 pour le carburant et –0.09 pour l’essence. La demande de carburant et d’essence en Suisse est aussi sensible aux variations du prix de l’essence à l’étranger. À long terme, une augmentation de 10% du prix dans les zones frontières à l’étranger accroît la demande totale de carburant et d’essence en Suisse d’environ 1%. De plus, parmi d’autres résultats, nous mettons en évidence que l’augmentation de la surtaxe sur les huiles minérales de 1993 a entraîné une baisse de la quantité demandée de carburant d’environ 3% et de la demande d’essence de 3.5%. Cette baisse s’ajoute à la diminution de la consommation résultant de l’augmentation de prix due à la modification de la surtaxe. Elle représente en quelque sorte l’impact psychologique de l’impôt. Une augmentation de la surtaxe sur les huiles minérales entraîne donc deux diminutions de quantité : la première représente la modification du comportement due à l’augmentation de prix ; la deuxième représente la réaction additionnelle des consommateurs, qui savent que l’augmentation de prix n’est pas “naturelle” ou temporaire.