Faculté des lettres et sciences humaines

Structure et inférence : la question de l'anaphore

Bourquin, Daniel ; Miéville, Denis (Dir.)

Thèse de doctorat : , 2009 ; Th. 2109.

Cet ouvrage réévalue l’importance de l’anaphore pour la sémantique formelle et pour la sémantique générale, en analysant en détail les solutions au problème fameux des phrases « asinantes » ou donkey sentences comme « si un fermier possède un âne, il le bat », phrases qui sont rebelles à une formalisation en logique des prédicats du premier ordre. Nous défendons une... Plus

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    Résumé
    Cet ouvrage réévalue l’importance de l’anaphore pour la sémantique formelle et pour la sémantique générale, en analysant en détail les solutions au problème fameux des phrases « asinantes » ou donkey sentences comme « si un fermier possède un âne, il le bat », phrases qui sont rebelles à une formalisation en logique des prédicats du premier ordre. Nous défendons une approche structurale et inférentielle de la sémantique qui respecte à la fois le principe de compositionnalité et celui de contextualité et dans laquelle les pronoms sont considérés comme des termes logiques. Notre solution aux donkey sentences appréhende l’usage libre des pronoms comme généralisable aux autres usages et se base, pour sa formalisation, sur les epsilons de Hilbert. Dès lors, la sémantique formelle apparaît comme dialectiquement liée à l’usage pragmatique des termes et des énoncés dans des situations de discours. Ainsi, nous plaidons en faveur d’une forme de pragmatisation de la sémantique et de holisme minimal, puis défendons cette approche contre l’anti-réalisme sémantique et contre l’atomisme sémantique. La question des donkey sentences nous permet donc d’évaluer l’intérêt de la logique dynamique pour la sémantique générale.
    Summary
    In this work, we re-evaluate the importance of the question of anaphora for formal semantics and for general semantics, analysing in detail the famous problem of donkey sentences (e.g. “If a farmer owns a donkey, he beats it”), which are difficult to formalise in first order logic. We argue for a structural and inferential approach to semantics which respects the principles of compositionality and of contextuality, and considers pronouns as logical terms. We propose a solution to the problem of donkey sentences in which the free use of pronouns is considered as fundamental and can be extended to other uses. This solution relies on the use of epsilon terms. Consequently, formal semantics appears as intimately linked with the pragmatic use of terms and sentences in situations of discourse. Thus, we are arguing for what may be called a pragmatisation of semantics, as well as for a form of minimal meaning holism. In so doing, we are pleading against antirealism and atomism in semantics. In short, the question of donkey sentences allows us to evaluate the importance of dynamic logic for general semantics.