Faculté des lettres et sciences humaines

Le projet TransRUN : les stratégies territoriales des acteurs publics et privés de la région neuchâteloise participant à un aménagement de l’espace

Segessemann, Alain ; Crevoisier, Olivier (Dir.)

Mémoire de diplôme universitaire : Université de Neuchâtel, 2009.

L’implantation anticipée d’une nouvelle infrastructure de transport ferroviaire dans une région représente un enjeu de développement à plus d’un titre. Les effets induits sur le territoire impliquent souvent une restructuration des activités aux abords des gares, notamment en fonction des modifications de l’accessibilité et de l’évolution des valeurs foncières et immobilières... Plus

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    Résumé
    L’implantation anticipée d’une nouvelle infrastructure de transport ferroviaire dans une région représente un enjeu de développement à plus d’un titre. Les effets induits sur le territoire impliquent souvent une restructuration des activités aux abords des gares, notamment en fonction des modifications de l’accessibilité et de l’évolution des valeurs foncières et immobilières sur les terrains traversés. Le but de la présente étude est de cerner les logiques et mécanismes qui entrent en ligne de compte dans la redéfinition de l’accessibilité et de la rente foncière découlant de l’implantation d’une nouvelle infrastructure de transport, et qui génèrent une plus-value foncière. Peu de travaux relatent les stratégies prospectives des acteurs prenant part à l’élaboration d’un projet d’infrastructure de transport en y intégrant les effets induits attendus sur le territoire pour certaines activités (immobilier, construction, commerce et industrie). L’enquête se focalise ainsi sur les moyens d’exploitation de cette plus-value foncière par différents acteurs privés, et sur les modes de régulation et de captage existants ou envisageables par les pouvoirs publics. L’étude de cas de ce mémoire concerne le projet de ligne ferroviaire rapide TransRUN, entre les agglomérations de Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds, dont l’objectif avoué est de soutenir la stratégie du Réseau urbain neuchâtelois (RUN) de développement des espaces urbanisés du canton de Neuchâtel, et pour lequel un recours à un partenariat public-privé (PPP) est aussi envisagé. En effet, à la vue de la situation financière délicate des collectivités publiques, le développement des infrastructures de transport est un choix d’investissement coûteux qui incite de plus en plus les autorités à évaluer le recours à des PPP. Ces nouveaux modes de financement sont particulièrement concernés par la question de la plus-value foncière parce qu’ils exigent de nouvelles modalités de rentabilisation de l’investissement pour attirer des investisseurs privés dans le projet. En effet, l’exploitation ferroviaire elle-même n’est pas suffisante parce que ne générant pas suffisamment de revenus. Ainsi, les acteurs privés concernés par une éventuelle réalisation en PPP envisagent une exploitation territoriale basée sur le développement de nouveaux espaces de consommation forcément influencé par les évolutions liées à la plus-value foncière et à l’accessibilité améliorée. De même, l’originalité de ce travail réside dans la tentative d’intégrer la rente foncière en tant que nouvelle opportunité d’action pour les collectivités publiques soucieuses de percevoir un retour sur investissement pour les projets qu’elles réalisent. Dans ce contexte, une série d’entretiens a été réalisée pour définir les stratégies projetées par différents acteurs publics et privés prenant part au développement territorial du canton et concernés par la mise en place du projet TransRUN. Il en résulte des anticipations diverses en fonction des intérêts de chacun des acteurs en lien avec le développement des transports publics et des modalités de réalisation de l’infrastructure. Au final, la stratégie RUN se rapproche des théories concernant la métropolisation et la production urbaine.