Faculté des lettres et sciences humaines

Expériences et stratégies de vie des personnes déplacées en Colombie : approche critique d’une catégorie juridique nationale

Eraso, Carolina ; Dahinden, Janine (Dir.)

Mémoire de diplôme universitaire : Université de Neuchâtel, 2009.

Dans cette étude je m’intéresse au phénomène du déplacement interne forcé en Colombie. Le concept de déplacement interne forcé, issu des sphères juridiques internationales et nationales, définit les migrations des personnes qui se voient obligées de quitter leur lieu de vie à cause de pressions politiques et des violations de leurs droits fondamentaux. En Colombie, le phénomène... Plus

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    Résumé
    Dans cette étude je m’intéresse au phénomène du déplacement interne forcé en Colombie. Le concept de déplacement interne forcé, issu des sphères juridiques internationales et nationales, définit les migrations des personnes qui se voient obligées de quitter leur lieu de vie à cause de pressions politiques et des violations de leurs droits fondamentaux. En Colombie, le phénomène concerne notamment des mouvements des personnes, majoritairement des paysan-ne-s, qui quittent des régions rurales pour se rendre vers les villes du pays et notamment vers les bidonvilles périphériques. J’ai mené cette recherche à Usme, commune pauvre du sud de la capitale colombienne, Bogotá. En côtoyant des personnes déplacées, notamment au sein d’une ONG, j’ai constaté l’importance d’analyser la catégorie de desplazado – une catégorie juridique nationale qui cherche à désigner une population largement hétérogène et qui donne accès à une série de droits et d’aides humanitaires. L’objectif de cette étude est d’observer quelle est la place de la catégorie juridique et des droits associés dans les stratégies de vie des personnes que j’ai rencontrées à Bogotá. C’est au travers des politiques publiques et de projets humanitaires – menés par des institutions gouvernementales et non gouvernementales – que la catégorie est mise en pratique. Les personnes intègrent de façons diverses ces droits et ces aides dans leurs stratégies de vie. Mais les droits promus par les politiques sont rarement effectifs et des formes de revendications se créent de la part de la population ; une dimension d’identité collective de desplazados peut être observée dans ces circonstances.
    Summary
    This study deals with the phenomenon of the forced displacement within the Colombian boarders. The concept of forced displacement emerges from legal national and international spheres. It defines the migrations of people who have to leave their living place due to political pressures and violations of their fundamental rights. In Colombia, this phenomenon concerns the movement of people, particularly country women, who must flee their rural homes and often live in shantytowns bordering larger cities. I held this research in Usme, a poor commune in the south of the Colombian capital, Bogotá. By being in close contact with displaced people, for instance within an NGO, I perceived the interest to analyze the category of “desplazado” – a legal national category which tries to name a population largely heterogeneous and which gives access to human rights and humanitarian aid. My objective is to analyze how this legal category affects the life strategies of people I met in Bogotá. The category is applied through public policies and humanitarian projects of governmental and non-governmental institutions. However, the rights promoted by the policies are rarely effectual and sorts of claims arise from the population. A collective identity of desplazados can be observed in this context.