Faculté des lettres et sciences humaines

"A chacune son islam" : réflexion anthropologique sur l'articulation d'une catégorie identitaire

Talal, Noura ; Dahinden, Janine (Dir.)

Mémoire de diplôme universitaire : Université de Neuchâtel, 2008.

Ce travail se propose de formuler une réflexion anthropologique sur la pertinence de la catégorie migratoire : « les musulmans ». Depuis plusieurs années, il est régulièrement question dans les médias, de cette catégorie de migrants. Mais d’un point de vue anthropologique, cette désignation est problématique à plusieurs égards. Premièrement, de par son caractère normatif et... Plus

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    Résumé
    Ce travail se propose de formuler une réflexion anthropologique sur la pertinence de la catégorie migratoire : « les musulmans ». Depuis plusieurs années, il est régulièrement question dans les médias, de cette catégorie de migrants. Mais d’un point de vue anthropologique, cette désignation est problématique à plusieurs égards. Premièrement, de par son caractère normatif et prescriptif, elle dénote une approche essentialiste et réifiante des « musulmans ». Deuxièmement, quelle pertinence accorder à la catégorie « musulmans », alors que la définition même de « religion » est problématique ? Pour terminer, cette catégorie soulève également toute la question liée au sens et à l’utilisation du concept d’« identité ». qui, pour reprendre Brubaker (2004) : « tends to mean too much (when understood in a strong sense), too little (when understood in a weak sense), or nothing at all (because of its sheer ambiguity) » (Brubaker, 2004: 28). Afin de questionner la pertinence de cette catégorie, j’ai mené des entretiens individuels et des observations auprès de cinq femmes « musulmanes » migrantes résidant à Genève. J’ai tenté, par ce terrain, de rendre compte de la manière dont ces femmes activent, utilisent ou se réapproprient la catégorie identitaire : « musulmans ». Pour y parvenir, j’ai construit l’analyse des données à la lumière du concept analytique d’ « ethnicité ». Ce travail privilégie donc l’étude du point de vue émique en donnant la parole aux acteurs sociaux, sujets de ces processus de catégorisation. Il ne se veut pas documentaire, dans le sens où il n’a pas pour objectif de répondre à la question : « qui sont les « musulmans ?», mais plutôt d’amener le lecteur à être plus critique et réflexif quant à l’utilisation des catégories.