Faculté des sciences

La zone exutoire du lac de Neuchâtel du Néolithique à l'actuel : apport d'une étude géoarchéologique pour la compréhension des enregistrements sédimentaires

Chalumeau, Laurent ; Verrechia, Eric (Dir.)

Thèse de doctorat : Université de Neuchâtel, 2008 ; Th.2063.

Depuis l'hiver 1853-54, de nombreux sites archéologiques littoraux ont été découverts sur les rives des lacs et des rivières subalpins. La colonisation des rives du lac de Neuchâtel et de son exutoire, la Thielle moyenne, s'est faite dès le retrait du glacier du Rhône, vers 15 000 BP. Elle s'est poursuivie tout au long de l'Holocène, malgré quelques périodes d'interruption.... Plus

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    Résumé
    Depuis l'hiver 1853-54, de nombreux sites archéologiques littoraux ont été découverts sur les rives des lacs et des rivières subalpins. La colonisation des rives du lac de Neuchâtel et de son exutoire, la Thielle moyenne, s'est faite dès le retrait du glacier du Rhône, vers 15 000 BP. Elle s'est poursuivie tout au long de l'Holocène, malgré quelques périodes d'interruption. L’inventaire réalisé des sites littoraux montre une densité importante de vestiges dans la zone exutoire actuelle du lac de Neuchâtel. Cette richesse en sites est favorable à la réalisation d'une étude géoarchéologique diachronique dont l'objectif est de situer les occupations humaines depuis le Néolithique, dans leurs contextes spatial, chronologique et environnemental, liés aux variations du niveau du lac de Neuchâtel et aux changements de cours de la Thielle moyenne. Les cartes topographiques, historiques et géologiques, les sondages géologiques, l‘inventaire des sites archéologiques, le modèle numérique de terrain, des photographies aériennes et des images proche-infrarouge sont intégrés et analysés au sein d'un système d'information géographique. Cette méthodologie de travail permet d'avoir des premiers indices de paléo-rives et de déterminer la démarche à entreprendre. L'étude s'organise alors autour de trois sites récemment fouillés, Marin-Les Piécettes (Néolithique), Marin-La Tène (Age du Fer) et Marin-Pré de la Mottaz (Moyen Age). La documentation obtenue lors des fouilles de ces sites, est complétée par la réalisation de 206 sondages et 10 panneaux géophysiques par tomographie électrique dans la zone exutoire couplée à des datations au radiocarbone. L'étude de la géométrie des corps sédimentaires et les changements lithologiques permettent de proposer une séquence sédimentaire, bien callée temporellement. Plusieurs phases majeures de bas et haut niveau relatifs du plan d'eau sont reconnues. A celles-ci s’ajoute des paléo-chemaux liés aux variations des cours de la Thielle moyenne. L'intégration des données de terrain au SIG permet de comparer les relevés aux cartes historiques qui présentent d'anciens réseaux hydriques naturels et anthropiques. Cette approche géo-historico-archéologique est apparue nécessaire pour comprendre les formations observées sur le terrain et surtout pour distinguer les aménagements anthropiques des morphologies naturelles, comme les chenaux. Au final, une reconstitution des différents événements enregistrés, dus aux variations du niveau du lac de Neuchâtel et aux changements de cours de la Thielle moyenne, est proposée, impliquant une nouvelle chronologie pour le site de Marin-La Tène. Quatre cordons graveleux ont été identifiés sur la rive gauche du canal de la Thielle, et un cordon sableux sur la rive droite, sous la dune éolienne de Witzwil. Les cours de plusieurs chenaux ont pu être retracés et datés. L'interprétation des enregistrements sédimentaires vis à vis du niveau moyen du lac sont confrontés aux cotes des sites littoraux du lac de Neuchâtel et à celles proposées par les auteurs à partir de séquences sédimentaires d'autres sites. Il en ressort que les sites archéologiques sont préférentiellement présents durant les périodes de bas niveaux lacustres. La similitude entre les phases de haut et bas niveau lacustres mises au jour et celles des lacs d'Europe Centrale indique que le lac de Neuchâtel a réagi majoritairement aux fluctuations holocènes du climat. Les variations à l'intérieur de ces grands cycles sont liées à des changements locaux. En revanche, l'arrêt de l'écoulement de l'Aar dans le lac n'a pas affecté directement ses fluctuations.