Travail social

Musique rock : de la cave à la tournée : quels sont les stades de développement d'un groupe et comment l'animation socioculturelle peut-elle apporter un soutien dans le processus de développement de ce dernier?

Roduit, Stéphane ; Bender, Gabriel (Dir.)

Mémoire de diplôme HES : Haute Ecole de Travail Social, 2009.

Ce présent travail traite des compétences, des ressources, des difficultés et des objectifs d’un groupe de musique. A travers l’étude de cette population, j’ai cherché à mettre à jour et à comprendre ce qui est sous-jacent au développement du groupe de musique. Le phénomène de « musique rock » peut être abordé selon plusieurs angles, toutefois, je considère que ces pratiques... Plus

Ajouter à la liste personnelle
    Résumé
    Ce présent travail traite des compétences, des ressources, des difficultés et des objectifs d’un groupe de musique. A travers l’étude de cette population, j’ai cherché à mettre à jour et à comprendre ce qui est sous-jacent au développement du groupe de musique. Le phénomène de « musique rock » peut être abordé selon plusieurs angles, toutefois, je considère que ces pratiques ne peuvent être réduites à de simples activités de loisir ou de jeunesse. Je l’oriente et l’envisage tout de même à travers une thématique dominante de l’animation socioculturelle : le projet. J’ai fait le choix d’aborder cette thématique à partir de la base même, et si j’ose dire, de la sueur créatrice du projet musical, les musiciens eux-mêmes. La musique se joue en groupe. Le groupe n’existe pas sans ses musiciens, et pour bon nombre de musiciens issus des pratiques rock, ils n’existeraient pas sans groupe. Faire de la musique ensemble ne se résume de loin pas à la fameuse formule sexe, drogue et rock and roll, mais à la volonté des musiciens de définir ensemble un projet musical, de vendre des concerts, d’enregistrer des disques, de s’occuper de la maintenance du local à disposition : une multitude d’opérations qui nécessitent réflexion, investissement et organisation. Selon Tassin (2004)5, « l’intérêt de l’analyse des pratiques musicales est qu’elle permet de détacher ces pratiques d’une lecture univoque issue de « la société de consommation » ou des loisirs pour « la positionner à travers l’épaisseur d’une expérience sociale et interroger les formes d’engagement des musiciens à travers le rapport qu’ils entretiennent avec cette pratique ». L’étude des expériences et des activités ainsi que leurs analyses, apparaissent alors dans ce présent travail, comme des éléments théorico-pratiques incontournables. Ce présent mémoire ne traite pas de la musique « rock » en tant que telle, mais plutôt d’une catégorie d’acteurs qui, en partie, constituent le monde du « rock ». Selon Hein (2006) : « un monde du rock requiert la coopération d’un réseau d’intermédiaires ». En effet, responsables de salles de concerts, gérants de magasins de musique, écoles de musiques font partie de ce réseau musicalisé des pratiques « rock ». Cependant ce travail n’a pas la prétention ni la volonté de s’orienter vers un compte-rendu de la totalité de ce monde social musical, mais plutôt d’analyser ce qui constitue les pratiques musicales « rock », l’implication des musiciens dans cette pratique. En se centrant exclusivement sur le groupe et ses musiciens, la volonté dirigée a été de donner la primauté de la parole aux acteurs concernés, afin de pouvoir au mieux restituer leur « art de vivre » et de comprendre en particulier ce qui les anime. L’engagement du musicien dans sa pratique musicale et son organisation, les ressources qu’il sollicite ainsi que les compétences qu’il développe envers ses différentes pratiques sont les axes essentiels d’étude et d’analyse du travail qui suit. Pour finir, une question intimement liée à ma pratique professionnelle « l’animation socioculturelle », vient poser quelques pistes d’interventions possibles. Sous forme notamment de projet ou encore de fonction à mobiliser. L’animateur socioculturel pourrait soutenir les groupes de musique envers cette pratique « rock » à travers l’accompagnement de ses derniers dans : les processus, les compétences que ses derniers développent, les difficultés traversées, la mobilisation et l’entretien des ressources. Dans la dernière partie traitée, l’étude se décentralise légèrement du groupe, pour en observer également les situations externes en vue de définir l’utilité de l’animation socioculturelle dans une perspective d’accompagnement des musiciens dans leurs pratiques.