Faculté des lettres et sciences humaines

La variation phonétique dans les parlers jurassiens : un corpus de contes recueillis par Jules Surdez (1878-1964)

Elzingre, Aurélie ; Kristol, Andres (Dir.)

Mémoire de diplôme universitaire : Université de Neuchâtel, 2005.

La plus grande partie de la Suisse romande - Genève, Vaud, Neuchâtel, ainsi que les parties francophones de Fribourg et du Valais - appartient au domaine linguistique du francoprovençal, langue gallo-romane qui s'est développée dans un espace à peu près triangulaire au sud-est de la France, dans la zone de rayonnement des voies de transit alpin du Grand et du Petit Saint-Bernard, qui... Plus

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    Résumé
    La plus grande partie de la Suisse romande - Genève, Vaud, Neuchâtel, ainsi que les parties francophones de Fribourg et du Valais - appartient au domaine linguistique du francoprovençal, langue gallo-romane qui s'est développée dans un espace à peu près triangulaire au sud-est de la France, dans la zone de rayonnement des voies de transit alpin du Grand et du Petit Saint-Bernard, qui reliaient Aoste à Lyon; les premières particularités linguistiques du francoprovençal sont documentées depuis la fin du VIe siècle. Le canton du Jura, par contre, appartient au domaine d'oïl: les parlers jurassiens s'apparentent aux dialectes franc-comtois, qui sont de type français. Mon travail de recherche porte sur l’analyse linguistique du lexique tiré de textes en patois jurassien. En effet, j’ai travaillé sur un manuscrit, conservé à la bibliothèque de la Bourgeoisie de la ville de Berne, portant sur des contes en patois recueillis au début du XXème siècle à travers tout le nord de l’ancien évêché de Bâle (canton du Jura aujourd’hui) par un instituteur passionné originaire du Clos-de-Doubs. Comme sa langue maternelle était le patois du Clos-de-Doubs et qu’il prétend n’avoir pas retouché le parler de ses témoins originaires d’autres régions du Jura, il s’agissait de le vérifier à travers la phonétique de ses écrits. Cette vérification a été le prétexte me permettant de construire le paysage géolinguistique du Jura, délimitant ainsi chaque parler : Ajoie, Delémont, Val Terbi et Franches-Montagnes. Je me suis également intéressée à la vie de cet instituteur, car il a été un grand défenseur du patois alors qu’il était censé promouvoir la langue officielle, le français, dans les écoles. Rappelons que les jurassiens parlaient encore le patois couramment jusqu’à la moitié du XXème siècle et qu’il est encore possible d’entendre parler cette ancienne langue d’oïl. Jules Surdez a aussi été un grand collectionneur de textes en patois (chansons, proverbes, légendes), et a lui-même écrit des pièces de théâtre en alexandrins. Il a été surtout témoin et enquêteur pour la gigantesque entreprise lancée par la rédaction de l’époque du Glossaire des patois de la Suisse romande (pour les villages d’Epauvillers et des Bois). J’ai aussi transcrit et traduit ces contes du patois jurassien au français, les mettant ainsi à la disposition d’un plus large public.