Faculté des sciences

Compatibility of Bt-transgenic crops with biological control

Lawo, Nora Caroline ; Rahier, Martine (Dir.) ; Romeis, Jörg (Codir.)

Thèse de doctorat : Université de Neuchâtel, 2008 ; Th. 2041.

L’un des risques les plus largement débattus en matière de transgenèse réside dans l’impact potentiel des plantes génétiquement modifiées (GM) sur les organismes non ciblés. Les ennemis naturels des organismes nuisibles en font partie, car ils jouent un rôle majeur dans la régulation des ravageurs et ont donc une grande importance sur le plan économique. Avant de commercialiser une... Plus

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    Résumé
    L’un des risques les plus largement débattus en matière de transgenèse réside dans l’impact potentiel des plantes génétiquement modifiées (GM) sur les organismes non ciblés. Les ennemis naturels des organismes nuisibles en font partie, car ils jouent un rôle majeur dans la régulation des ravageurs et ont donc une grande importance sur le plan économique. Avant de commercialiser une plante GM, il est donc nécessaire d’analyser sérieusement les risques d’effets secondaires pouvant toucher les organismes non ciblés et de choisir des espèces représentatives pour cette étude. Dans ce but, un réseau trophique simplifié des principaux ravageurs et de leurs ennemis naturels a été créé pour un champ de pois pigeons indiens (Cajanus cajan). En examinant par exemple un pois pigeon Bt qui exprime les protéines Cry1Ac et Cry2Ab produites par la bactérie du sol Bacillus thuringiensis, nous obtenons des indications sur les organismes qui devraient être considérés dans une analyse des risques. Etant donné que les protéines Bt ne sont actives qu’après leur ingestion, une méthode a été développée pour tester les effets toxiques directs sur la chrysope verte Chrysoperla carnea (Neuroptera: Chrysopidae), un insecte utile. Les larves ont été exposées à diverses protéines, dont la Cry1Ab et la Cry1Ac, dissoutes dans une solution de saccharose. Aucune des deux protéines Bt n’a eu d’effet négatif sur C. carnea, ce qui confirme les résultats d’autres études. En outre, l’effet direct du coton Bt sur l’herbivore non ciblé Aphis gossypii (Hemiptera: Aphididae) a été étudié. L’évolution des pucerons a été suivie sur trois variétés de cotons indiens exprimant la Cry1Ac et sur les variétés non transgéniques correspondantes. Nous avons également examiné si les aphidés absorbaient la protéine Bt présente dans la plante. Par ailleurs, la composition du sucre contenu dans le miellat des aphidés a été analysée pour savoir s’il convient à l’alimentation des consommateurs de miellat. Notre étude révèle que la Bt n’influe pas sur l’évolution des pucerons; seules de légères variations s’observent entre les variétés de coton, ce qui pourrait être dû aux différentes densités des poils glandulaires. Aucun des échantillons de pucerons ne contenait de la Bt. Toutefois, une variation a été constatée dans la composition nutritionnelle du miellat; elle est due à la transformation de la Bt et dépend de la variété. Des études antérieures avaient montré que les larves Bt perdaient de leur qualité nutritive, ce qui se répercute indirectement sur l’aptitude prédatrice des insectes utiles, comme les larves de la chrysope verte. Cette hypothèse a été vérifiée dans une étude sur le régime alimentaire de C. Carnea. L’insecte utile a été nourri de larves de Helicoverpa armigera (Lepidoptera: Noctuidae) sensibles ou résistantes à la Cry1Ac et qui s’étaient alimentées auparavant sur un cotonnier Bt ou non transgénique. Un effet indirect a été constaté sur les larves de C. Carnea ayant consommé des chenilles sensibles à la Bt mais pas sur celles qui s’étaient nourries de chenilles résistantes à la Cry1Ac et qui avaient absorbé de la Bt auparavant. Des analyses biochimiques des compositions et des teneurs en glycogène, en lipide, en saccharose et en acide aminé ont été réalisées afin de déceler des différences dans les nutriments entre les sources de nourriture sensibles à la Cry1Ac et les autres résistantes à cette protéine. Hormis une différence significative dans la composition du saccharose chez des larves sensibles à la Bt, aucune modification n’a été constatée. Cette première évaluation des effets indirects nécessite des études complémentaires, car beaucoup d’autres substances nutritives ont leur importance dans l’alimentation des insectes. Etant donné que la technologie Bt n’offre pas une protection à 100% contre les lépidoptères nuisibles, il importe d’évaluer l’interaction entre les plantes Bt et la protection phytosanitaire biologique. Des études ont donc été réalisées à propos de la compatibilité entre des pois chiches (Cicer arietinum) exprimant la Cry2Aa, des larves de H. armigera résistantes ou sensibles à la Cry2A et le champignon entomopathogène Metarhizium anisopliae. Différents essais en laboratoire nous permettent de conclure que M. anisopliae, associé à des pois chiches Bt, obtiennent un taux de mortalité élevé parmi les ravageurs sensibles ou résistants à la Cry2A. En outre, il apparaît que la résistance à la Bt n’exerce aucun effet sur l’évolution des larves et que M. anisopliae a une meilleure efficacité sur des chenilles intoxiquées par la protéine Bt sublétale. En résumé, cette étude montre que les plantes Bt sont compatibles avec la protection biologique des organismes testés.
    Summary
    One of the most widely discussed ecological effects of genetically engineered (GE) crops is their impact on non-target organisms including natural enemies that are important for pest regulation and thus of economic value. Prior to commercialization of a GE crop a detailed risk assessment for potential adverse effects on non-target organisms has to be conducted. Finding surrogate species is therefore of major importance. A simplified arthropod food web including the most important herbivores and their natural enemies for Indian pigeonpea was constructed. Using Bt pigeonpea, expressing Cry1Ac/Cry2Ab proteins derived from Bacillus thuringiensis (Bt) as an example, an indication of which organisms would need to be addressed in a regulatory risk assessment are given. Since Bt proteins are active only after ingestion, a dietary bioassay was developed to test direct toxic effects on the predator Chrysoperla carnea (Neuroptera: Chrysopidae). Larvae were exposed to different insecticidal proteins dissolved in a sucrose solution. Besides other insecticidal proteins, Cry1Ab and Cry1Ac proteins were tested. Neither did caused a negative effect on C. carnea, which is consistent with earlier studies. Further, the direct effect of Bt cotton was examined for the non-target herbivore Aphis gossypii (Hemiptera: Aphididae). Besides the evaluation of aphid performance on three Indian Bt cotton varieties (expressing Cry1Ac) and their non-transformed near-isolines, we investigated weather aphids pick up any Bt protein. Further, the sugar composition of aphid honeydew was analyzed to evaluate its suitability for honeydew-feeders. The studies revealed no influence on cotton aphid performance due to Bt-expression and only slight variation among varieties which could be explained by the different trichome densities. None of the aphid samples contained Bt protein. However, a variation in the nutritional balance of aphid honeydew was detected due to the factors “transformation” and “variety” but it remains unknown whether this shift is of ecological relevance. As previous studies suggest that Bt-fed lepidopteran pests can lower predator performance due to a reduced prey quality, studies were performed to investigate whether prey nutritional composition causes indirect (prey-quality mediated) effects on C. carnea. Conducting feeding studies with Bt and non-Bt fed Cry1Ac-resistant and susceptible Helicoverpa armigera (Lepidoptera: Noctuidae) larvae, confirmed the observation of prey-quality mediated effects when the predator was fed with susceptible Bt-fed prey larvae but not when feeding on Bt-fed Cry1Ac-resistant lepidopterans. Biochemical analyses of the glycogen and lipid content as well as the amino acid and sugar content and composition were conducted aiming to detect differences in the nutrients between Cry1Ac-resistant and susceplible food sources. Except for a significant difference in the sugar composition of Bt-fed susceptible larvae, no shift could be detected. This was the first attempt to evaluate prey-quality mediated effects. However, other nutrients are important in insect nutrition, and therefore more studies are necessary. As the Bt technology does not provide 100% control against caterpillars, evaluation of the compatibility between Bt crops and biological control agents will be important. Therefore, bioassays were conducted to understand the interactions between a Cry2Aa-expressing chickpea line, either susceptible or Cry2A-resistant H. armigera larvae, and the entomopathogenic fungus Metarhizium anisopliae. Different laboratory studies allowed the conclusion that M. anisopliae was compatible in controlling Cry2A-resistant and susceptible H. armigera larvae. Further, it appeared that the Bt resistance did not cause a fitness cost and that M. anisopliae had an enhanced effectiveness on sublethally Bt-affected caterpillars. Summarizing this thesis, it appeared that Bt crops are compatible with biological control for the organisms tested.