Faculté des lettres et sciences humaines

La Bourgogne transjurane (855-1056) : l'évolution des rapports de pouvoirs dans le monde post-carolingien

Demotz, François ; Morerod, Jean-Daniel (Dir.) ; Gonthier, Nicole (Codir.)

Thèse de doctorat : Université de Neuchâtel, 2002 ; Th.2033.

Entre la situation de première capitale burgonde et la principauté médiévale, Genève et avec elle le duché de Bourgogne transjurane sont situés au cœur de l’Europe carolingienne et post-carolingienne. Au début du IXe siècle, la région est intégrée à l’Empire dont elle a les institutions et les élites. Celles-ci se maintiennent après la création du royaume de Bourgogne par le... Plus

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    Résumé
    Entre la situation de première capitale burgonde et la principauté médiévale, Genève et avec elle le duché de Bourgogne transjurane sont situés au cœur de l’Europe carolingienne et post-carolingienne. Au début du IXe siècle, la région est intégrée à l’Empire dont elle a les institutions et les élites. Celles-ci se maintiennent après la création du royaume de Bourgogne par le duc Rodolphe en 888, mais sous la forme d’un pouvoir souple et local. Malgré les tentatives d’expansion et un bon contrôle des honores par les deux premiers Rodolphiens, les élites sont de plus en plus profondément implantées et cette stabilisation conduit au cours du Xe siècle à la mise en place d’une aristocratie puissante et structurée, à tendance lignagère et seigneuriale. A partir des années 970, le pouvoir royal tente une reprise en main sur le modèle ottonien, confiant une part importante de l’autorité, dont Saint-Maurice d’Agaune, aux parents du roi et aux églises. Cette politique est complétée par la promotion de quelques grands laïcs, issus de Transjurane et de Viennoise, et par un soutien à la petite et moyenne aristocratie. Lorsque le royaume de Bourgogne est rattaché à la Germanie en 1032, seuls les comtes de Rodolphe III (et certains évêques) détiennent une part significative de l’autorité publique et peuvent constituer une principauté. L’effacement du pouvoir impérial dans la deuxième moitié du XIe siècle permet au comte de Genève de s’affirmer comme l’héritier du souverain sur le plan régional. La forte tradition de l’autorité publique s’accompagne de la mise en place d’une dynastie et d’une administration comtales, d’une volonté de domination régionale, y compris face aux églises. Dans cette redéfinition des espaces politiques, le pouvoir comtal est confronté à l’émergence politique de lignages seigneuriaux dans un cadre social lâche marqué par une vassalité faible, un mouvement seigneurial lent, et une forte allodialité chez les nombreux hommes libres.
    Summary
    The county of Geneva and the transjurane Burgundy. The power relations in the post-Carolingian world (about 888-about 1120). Geneva and the transjuranus ducatus is in the heartland of the Carolingian empire which provides their institutions and their aristocracy. In spite of the burst of the empire and the birth of the kingdom of Burgundy in 888, Carolingian customs remain but the stabilization of the Burgundian aristocracy brings on the settlement of lineages and lordships during the tenth century. After 970, the reaction of royal power takes Ottonian forms (« Familie und Kirchepolitik ») and also leans on a few families. Some of their members become the « super-greats » of the kingdom and after the attachement to the imperial crown in 1032, Gerold, count of Geneva, establishes an hereditary principality.