Faculté des lettres et sciences humaines

La propriété intellectuelle : un outil pour le développement ? : ethnologie du projet « Protection des indications géographiques au Liban » et de son application à l’huile d’olive de Koura

Adly, Hossam ; Hertz, Ellen (Dir.)

Mémoire de diplôme universitaire : Université de Neuchâtel, 2008.

Ce mémoire porte sur un projet de développement mené par l’organisation suisse Agridea au Liban. Ce projet vise à mettre sur pied un outil de protection économique et juridique pour l’appellation de produits agroalimentaires connu sous le nom d’« indication géographique » (IG). Pour l’aider dans cette démarche, Agridea a mandaté l’Institut d’ethnologie afin de mener une... Plus

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    Résumé
    Ce mémoire porte sur un projet de développement mené par l’organisation suisse Agridea au Liban. Ce projet vise à mettre sur pied un outil de protection économique et juridique pour l’appellation de produits agroalimentaires connu sous le nom d’« indication géographique » (IG). Pour l’aider dans cette démarche, Agridea a mandaté l’Institut d’ethnologie afin de mener une étude ethnographique sur un produit de son choix : « l’huile d’olive de Koura » (Nord-Liban). L’IG fait partie des droits établis par l’Accord sur les Aspects des droits de propriété intellectuelle relatifs au commerce (TRIPS selon l’acronyme anglais). Le projet étudié s’appuie sur le présupposé selon lequel l’IG constitue un outil de développement économique. La perspective anthropologique m’oblige à questionner ce présupposé. Selon quelles représentations économiques le projet IG est-il prédéfini ? Comment ces représentations influencent-t-elles la stratégie d’action employée pour réaliser le projet IG ? Afin de répondre à ces questions, j’analyse le processus de construction de l’objet en amont de l’intervention, tel qu’il est prédéfini à distance du terrain et ce avec une approche politique globale. Dans cette perspective, je compare les diverses conceptualisations du projet IG : l’Accord TRIPS qui régit les droits de propriété intellectuelle selon le point de vue de l’OMC, Agridea et la mise en pratique du projet, le gouvernement libanais qui est le mandant du projet IG et enfin les oléiculteurs de la région de Koura et les logiques économiques qui y prévalent. L’étude de terrain a révélé que la construction du projet IG et les représentations de son objet d’intervention sont en décalage par rapport aux dynamiques locales de distribution de l’huile d’olive. Afin de comprendre ces dernières, j’effectue dans ce travail une analyse de réseaux de distribution de deux interlocuteurs. Partant de ce décalage entre les intérêts globaux du projet IG et les dynamiques locales observées sur le terrain, l’objectif de mon mémoire est de démontrer qu’au-delà des discours, les enjeux de ce projet sont bien éloignés des préoccupations de développement agricole. Au contraire, l’indication géographique se présente comme un outil de propriété intellectuelle permettant à l’état libanais de conformer sa production agroalimentaire au modèle néolibéral des échanges tel que l’OMC le définit.